A la découverte des îles des Caraïbes
29/12/2008 15:36 Commentez cet article

Le spot de Cabarete sur la côte nord de la République Dominicaine, entre Sosua et Rio San Juan. La Mecque du Kitesurf et du Windsurf dans les Caraïbes.

Cà faisait longtemps que j’entendais de nombreux kitesurfers et windsurfers me parler avec émotion du spot de Cabarete en République Dominicaine.  A les écouter, c’était l’endroit rêvé pour pratiquer les sports de glisse dans les Caraïbes : Des conditions de navigation excellentes, du vent tout au long de l’année, des vagues pour envoyer les tricks, le tout dans une ambiance sympathique de petite station balnéaire décontractée, propice aux fêtes et à la déconne.


Connaissant déjà quelques spots très sympas dans les Petites-Antilles, notamment dans les Grenadines, et le long des côtes de Guadeloupe, de Sainte-Lucie, ou de la Martinique, j’étais un peu dubitatif, et subodorais quelques exagérations. Néanmoins, les sources étant nombreuses à me vanter l’endroit, je me promettais de profiter de mon prochain reportage en République Dominicaine pour me rendre à Cabarete, et vérifier de visu les qualités du spot. 

C’est ainsi que fin juin 2008, après un mois de périple à travers toute l’île, je décidais de prendre l’autopista Duarte pour foncer vers le nord depuis Saint-Domingue, avec l’idée de passer quelques jours à explorer la côte entre la frontière haïtienne, Cabarete et Rio San Juan.

C’est où la mer ?

Arrivé dans la ville, je  cherche des yeux la mer. Je sais qu’elle est là, sur la gauche, mais difficile de l’apercevoir entre les multiples échoppes, bars, restaurants et petits hôtels qui bordent l’unique rue de la commune.  La circulation est dense entre les gros 4x4, les camions de paysans venant livrer fruits et légumes, et les motos conchos se faufilant à vive allure avec leur passager accroché au porte bagage. Au bout de quelques minutes, j’arrive enfin à trouver une place pour garer mon véhicule, et décide de remettre à plus tard ma recherche d’hôtel pour me rendre directement sur la plage.

Au dessus des bâtiments je vois flotter des ailes de kitesurf. Des ailes si nombreuses, qu’on dirait une escadrille.  Je me fraye un chemin le long des petits passages aménagés entre deux boutiques pour accéder à la plage, et entendant quelques bribes de conversation parmi les passants, commence à prendre la mesure du melting-pot international formés par des riders venus du monde entier. Ici on parle anglais, danois, hollandais, espagnol, italien, japonais, suédois, français, allemand, et même russe depuis peu.

Arrivé enfin sur le sable, je profite du magnifique panorama offert à mes yeux. La plage est longue, la langue de sable profonde, la courbure parfaite. Dans l’eau, des dizaines de kitesurfers s’éclatent dans un vent bien établi et enchainent les figures à un rythme soutenu, tandis que des gamins jouent dans les vagues.
 

C’est trop bien, je reste

Immédiatement séduit, je réalise que la réputation de Cabarete sur « radio ponton » n’était en rien usurpée, et que l’endroit méritait un séjour plus long que prévu. Moi qui pensais initialement rester une nuit ou deux avant de filer vers Rio San Juan et la mangrove de Laguna Gri-Gri, je décide finalement de modifier mes plans et de rester quelques jours de plus. 

Trouver une chambre d’hôtel n’est qu’une formalité. Il y en a plusieurs en ville. Tous de taille humaine, très loin des immenses resorts de Punta-Cana et de Puerto-Plata. Tant mieux ! Je jette mon dévolu sur le Kaoba et ses petits bungalows confortables à prix d’amis (20 euros la nuit), et me met en quête de matériel de kitesurf à louer. Là encore, aucune difficulté. Entre les nombreuses écoles de kite et les shops, l’affaire est pliée en moins d’une demi-heure.


Cabarete ? Un spot de rêve incontournable pour tout kitesurfer passant par les Caraïbes

La nuit approchant, il est trop tard pour aller naviguer, et je décide d’aller faire un tour pour tester l’ambiance des bars de plage. Sur cinq cent mètres, une succession de terrasses les pieds dans le sable accueillent une clientèle plutôt jeune et décontractée. Allongées sur des sofas ou assises sur de confortables fauteuils, de nombreuses bandes de riders viennent se raconter les exploits de la journée en éclusant quelques Présidente dans une ambiance bonne enfant. Au Lax, un de mes bars préféré, c’est soirée Thaï. Je me régale de salades épicées avant d’aller goûter les mojitos des bars d’à côté. Partout, du monde, de la bonne musique et des éclats de rires.

Bon mais faut quand même penser à aller se coucher, enfin à condition de retrouver l’hôtel …, car demain c’est le grand jour, je me jette à l’eau. Et vu le niveau des gars du coin, j’ai intérêt à prendre des forces si je veux éviter de passer pour un cake.

10H. Réveil tardif carrément inhabituel sous ces latitudes où généralement je me lève aux aurores. Mais il me fallait bien çà pour me remettre des cocktails au rhum Brugal de la veille. Un rhum industriel local qui malgré son faible taux d’alcool (40%) est infiniment plus nocif et moins bon que les rhums agricoles des Antilles Françaises qui titrent pourtant souvent au-delà des 50%.

Pas grave. De toute façon ici le vent non plus n’est pas du matin. La mer est d’huile et la petite ville semble comme assoupie. Apparemment, pas beaucoup de lève-tôt dans les parages. A Cabarete le programme c’est kitesurf l’après-midi, nouba le soir, et grasse matinée.  C’est la nature qui veut çà. Le vent ne commence à souffler timidement que vers 12h00 avant de se renforcer progressivement dans l’après midi. Et je constaterais au long de ma semaine sur place que c’est tous les jours comme çà avec une régularité de métronome.

Sur l’eau, ce vent constant et puissant est un régal. Parallèle à la plage il permet de naviguer en toute sécurité sans craindre de se voir entrainer au large ou rabattre sur la côte. La droite de la plage  est réservée aux windsurfers, tandis que les kitesurfers se partagent la gauche. Mais en fait c’est souvent un joyeux bordel ou chacun trace sa route sans se départir heureusement des règles élémentaires de courtoisie.

L’autre agréable surprise de cette première navigation sur le spot de Cabarete fut de constater la présence de nombreux kitesurfeurs locaux. Chose plutôt rare sur les spots des Caraïbes où l’on navigue souvent uniquement entre européens et nord-américains. 

Quelques informations pratiques pour venir et séjourner à Cabarete

Transport : L’aéroport international le plus proche est celui de Puerto-Plata, à une cinquantaine de kilomètres de Cabarete. De nombreux vols directs y atterrissent depuis l’Europe ou l’Amérique du Nord. Pour vous donner un exemple, le prix du billet pour un vol aller retour Paris -> Puerto-Plata s’échelonne entre 700 et 1200 Euros. Une fois sur place, l’idéal est de louer une voiture puis de suivre la route côtière jusqu’à Cabarete. C’est le meilleur moyen pour profiter à la fois du spot, et de la magnifique région qui l’entoure en parfaite autonomie.  Comptez une cinquantaine de dollars US par jour pour un petit 4x4. Mais pour les budgets plus serrés, il est également possible d’emprunter une des nombreuses lignes de bus ou de taxis collectifs qui relient les communes du nord de l’île, puis de se déplacer sur place en motos conchos (motos taxis innombrables à chaque coin de rue en République Dominicaine).

Hébergement : Pour un séjour relativement court (moins de 15 jours), l’hôtel est la solution idéale. La ville de Cabarete en compte plusieurs, dont certains donnent directement sur la plage. La chambre double ou le petit bungalow s’y négocient entre 20 et 80 euros la nuit selon la saison et le confort proposé. Personnellement j’ai opté pour le Kaoba, un petit hôtel très sympa tenu par des suisses, idéalement situé en plein centre-ville. Jolis bungalows climatisés au milieu d’un petit jardin tropical avec piscine, et petit cyber-café (à partir d’une vingtaine d’euros la nuit).

Si vous souhaitez rester plus longuement, et que vous venez à plusieurs, vous avez tout intérêt à louer un appartement ou une maison. On en trouve facilement en parcourant les annonces de la presse locale ou en s’adressant à une des agences immobilières présentes sur la rue principale. Si vous êtes seul, l’autre option est de dénicher une chambre dans une colocation (pratique fréquente à Cabarete). 

Meilleure saison pour venir ? :  A Cabarete l’alizé souffle de fin décembre à fin août et offre des conditions de navigation idéales dans la baie, avec un vent s’établissant l’après-midi entre 4 et 6 beaufort. De juin à août, avec l’élévation des températures, un thermique apparaît, renforce le vent et le rend encore plus constant.

Adresses utiles :

Active Cabarete : Un petit site web entièrement dédié à Cabarete. Guide des activités (windsurf, kitesurf, surf, plongée, équitation, excursions …), des hébergements et des bars.

Météo Puerto-Plata : Les prévisions météo à 10 jours pour la région de Cabarete, et des statistiques sur les températures et la pluviométrie.

Cabarete Kitesurf World Cup 2008 : Petite série de photos prises lors de l’étape de la coupe du monde de Kitesurf à Cabarete en juin 2008.

 

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